· 8 min
Ashwagandha : effets secondaires et contre-indications
Ashwagandha : effets secondaires fréquents et rares, contre-indications (thyroïde, grossesse, foie, médicaments) et qui doit l’éviter, selon l’Anses.
Par la rédaction BioHUD · sources citées en fin d’article · notre méthode éditoriale. Information générale, pas un avis médical. Cet article contient des liens affiliés Amazon (commission sans surcoût pour vous).

Pour la plupart des adultes en bonne santé, l’ashwagandha est bien tolérée dans les essais, sur quelques semaines. Ce n’est pas une raison pour la prendre à la légère. « Naturel » ne veut pas dire « sans risque », et l’Anses a publié en 2024 une liste précise de personnes à qui elle la déconseille.
Ce guide fait le tri : ce qui est fréquent et sans gravité, ce qui est rare mais sérieux, et qui doit éviter l’ashwagandha. L’objectif n’est pas de vous faire peur. C’est de vous donner de quoi décider calmement, avec votre pharmacien ou votre médecin si vous êtes concerné.
En bref
- Les effets courants sont légers. Somnolence, gêne digestive (nausées, diarrhée, maux de ventre) : ce sont les effets les plus souvent rapportés.
- Les données de sécurité portent sur environ trois mois. Au-delà, on ne sait pas.
- L’atteinte du foie est rare, mais documentée. Jaunisse, urines foncées, démangeaisons, fatigue inhabituelle : arrêtez et consultez.
- L’Anses la déconseille aux femmes enceintes ou qui allaitent, aux moins de 18 ans, en cas de problème de thyroïde, de foie ou de cœur, d’hyperandrogénie, et en cas de traitement sédatif.
- Aucune dose « sans risque » n’a été fixée. L’Anses n’a pas pu en établir une : restez à la dose de l’étiquette, sans cumuler.
- En cas de doute, un avis médical d’abord. C’est valable pour tout complément, surtout si vous suivez un traitement.
Les effets secondaires courants : légers et le plus souvent passagers
Selon le NCCIH, l’agence de santé américaine consacrée aux approches complémentaires, l’ashwagandha semble bien tolérée par la plupart des gens pendant trois mois au maximum. Les effets rapportés sont surtout :
- une somnolence, d’où l’intérêt de la prendre le soir ;
- des troubles digestifs : nausées, vomissements, selles molles ou diarrhée, maux d’estomac.
Dans les essais sur le stress et le sommeil, ces effets étaient légers et comparables à ceux du placebo. Dans la méta-analyse de 2021 sur le sommeil, aucun effet indésirable grave n’a été rapporté. Ce sont des essais courts : ils disent peu de choses sur ce qui se passe après des mois ou des années.
Quelques réflexes simples : prenez-la après un repas (les essais l’ont souvent donnée ainsi), plutôt le soir si vous somnolez, et arrêtez si la gêne persiste. Pour le détail des horaires, voir notre article quand prendre l’ashwagandha, matin ou soir.
Les effets rares mais sérieux
Le foie
Des atteintes du foie ont été rapportées avec des compléments à base d’ashwagandha. Elles restent rares. Une série de cinq cas publiée en 2020 (trois en Islande, deux aux États-Unis) décrit un tableau typique : jaunisse, nausées, démangeaisons, fatigue, apparus deux à douze semaines après le début de la prise.
Le point rassurant : dans cette série, aucun patient n’a eu d’insuffisance hépatique, et chez les quatre personnes suivies, les analyses se sont normalisées en un à cinq mois après l’arrêt. Le point de vigilance : quatre des cinq prenaient aussi d’autres compléments, ce qui complique l’interprétation, mais les experts ont attribué l’atteinte à l’ashwagandha, avec un doute pour un cas où la rhodiole pouvait aussi jouer.
Arrêtez et consultez si vous avez les yeux ou la peau jaunes, des urines foncées, des démangeaisons inhabituelles, une fatigue qui s’installe ou des douleurs au ventre. C’est aussi pour cela que l’Anses déconseille la plante en cas de maladie du foie.
La thyroïde
L’ashwagandha pourrait stimuler la thyroïde. Un cas a été décrit dans une revue médicale néerlandaise : une femme de 32 ans a développé une hyperthyroïdie après avoir pris des gélules d’ashwagandha. Les analyses et les symptômes se sont normalisés à l’arrêt. Les auteurs parlent d’un effet indésirable possible, sans preuve formelle du lien.
Un cas isolé ne dit rien sur la fréquence. Mais il explique la prudence officielle : l’Anses déconseille l’ashwagandha en cas de dysfonctionnement thyroïdien, et le NCCIH ne la recommande pas en cas de maladie de la thyroïde ou de maladie auto-immune. Si vous prenez un traitement pour la thyroïde (par exemple de la lévothyroxine), parlez-en d’abord à votre médecin.
Qui doit éviter l’ashwagandha ?
Dans son avis de 2024, l’Anses déconseille de prendre des compléments à base d’ashwagandha dans les cas suivants :
- Femmes enceintes ou qui allaitent : les données de sécurité sont insuffisantes, et le NCCIH conseille aussi de l’éviter ;
- Moins de 18 ans ;
- Problème de thyroïde ou trouble endocrinien, dont l’hyperandrogénie ;
- Maladie du foie ou du cœur ;
- Traitement sédatif ou dépresseur du système nerveux central.
S’y ajoutent d’autres situations qui relèvent d’un avis médical avant de commencer : une opération programmée, une maladie auto-immune, ou un cancer de la prostate hormonodépendant, selon le NCCIH.
En cas de somnolence, évitez de conduire ou d’utiliser des machines tant que vous ne savez pas comment vous réagissez.
Interactions avec les médicaments
Le NCCIH signale des interactions possibles avec :
- les sédatifs et les somnifères, dont les effets pourraient s’additionner ;
- les antiépileptiques ;
- les traitements de la thyroïde (hormones thyroïdiennes) ;
- les traitements du diabète et de l’hypertension, car la plante pourrait agir sur la glycémie et la tension ;
- les immunosuppresseurs, dont l’effet pourrait être modifié.
Concrètement : si vous suivez l’un de ces traitements, ne démarrez pas l’ashwagandha sans en parler à votre pharmacien ou à votre médecin. Le pharmacien est le plus facile à joindre et connaît vos médicaments. Signalez-lui aussi tous les autres compléments que vous prenez.
Pourquoi les avis divergent selon les pays
Vous avez peut-être lu que l’ashwagandha est « interdite » quelque part. C’est vrai pour le Danemark, où l’agence alimentaire a conclu, après une évaluation de l’Université technique du Danemark en 2020, qu’aucune dose sûre ne pouvait être établie et en a interdit la vente comme complément. L’Anses, en France, est arrivée à une conclusion proche sur un point : elle n’a pas pu fixer de dose sans risque.
Les essais cliniques à dose courante, de leur côté, n’ont pas fait ressortir de signal alarmant sur quelques semaines. Les deux positions ne s’opposent pas vraiment : « peu d’effets graves rapportés » n’est pas « démontré sans risque pour tout le monde, à long terme ». D’où la ligne la plus raisonnable : un usage court, à la dose de l’étiquette, si vous n’avez aucune contre-indication.
L’Anses pointe aussi un problème de qualité : les produits ne sont pas tous équivalents. La racine et la feuille n’ont pas la même composition, et la teneur en withanolides varie. Choisissez un extrait de racine dont l’étiquette indique la partie de la plante, la teneur et la dose par gélule.
Comment limiter les risques : un mode d’emploi prudent
- Relisez la liste plus haut. Si l’une de ces situations vous concerne, ne la prenez pas, ou demandez un avis avant.
- Une seule plante à la fois. Si vous démarrez trois compléments en même temps, vous ne saurez pas lequel a causé une gêne.
- Dose de l’étiquette, jamais plus. Les essais tournent autour de 600 mg d’extrait de racine par jour. Ne cumulez pas plusieurs produits qui en contiennent.
- Après un repas, plutôt le soir. Cela limite la gêne digestive et la somnolence en journée.
- Huit semaines, puis un bilan. Rien de perceptible : arrêtez. Au-delà de trois mois, faites le point avec un professionnel de santé.
- Arrêtez au moindre signe de foie (jaunisse, urines foncées, démangeaisons, fatigue inhabituelle) et consultez.
Pour savoir si l’ashwagandha a sa place dans votre situation, ou si un autre levier passe avant, le protocole d’analyse croise votre stress, votre sommeil et vos objectifs. Si c’est la libido qui vous intéresse, comparez-la avec la maca et le shatavari dans notre article ashwagandha, maca ou shatavari.
BioHUD ne pose pas de diagnostic : ces informations ne remplacent pas un avis médical.
Questions fréquentes
L’ashwagandha est-elle dangereuse ?
Pour un adulte en bonne santé, sur quelques semaines et à la dose de l’étiquette, les essais montrent surtout des effets légers (somnolence, gêne digestive). Des atteintes du foie rares ont été rapportées, et l’Anses la déconseille dans plusieurs situations. Elle n’est donc pas à prendre à la légère, sans pour autant être dangereuse pour tout le monde.
Quels sont les effets secondaires de l’ashwagandha ?
Les plus fréquents : somnolence, nausées, selles molles ou diarrhée, maux d’estomac. Plus rarement : atteinte du foie (jaunisse, urines foncées, démangeaisons) et, dans un cas décrit, hyperthyroïdie. Arrêtez et consultez si un symptôme inhabituel apparaît.
Qui ne doit pas prendre d’ashwagandha ?
L’Anses la déconseille aux femmes enceintes ou qui allaitent, aux moins de 18 ans, aux personnes ayant un problème de thyroïde, de foie ou de cœur, une hyperandrogénie, ou suivant un traitement sédatif. Le NCCIH ajoute les maladies auto-immunes et les opérations programmées.
L’ashwagandha est-elle compatible avec la grossesse et l’allaitement ?
Non, elle est déconseillée dans les deux cas : les données de sécurité sont insuffisantes. Évitez-la, et parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme si vous hésitez.
Peut-on prendre de l’ashwagandha avec la thyroïde ?
Mieux vaut l’éviter si vous avez une maladie de la thyroïde ou si vous prenez un traitement pour la thyroïde. La plante pourrait agir sur les hormones thyroïdiennes. Demandez l’avis de votre médecin avant toute prise.
L’ashwagandha abîme-t-elle le foie ?
Dans de rares cas, oui : des atteintes du foie ont été rapportées, avec une jaunisse. Dans la série de 2020, les analyses se sont normalisées en un à cinq mois après l’arrêt. C’est rare, mais c’est la raison pour laquelle il faut arrêter au moindre signe et consulter.
Peut-on prendre de l’ashwagandha avec des médicaments ?
Cela dépend du médicament. Des interactions sont possibles avec les sédatifs, les antiépileptiques, les traitements de la thyroïde, du diabète et de la tension, et les immunosuppresseurs. Demandez d’abord l’avis de votre pharmacien.
Combien de temps peut-on en prendre sans risque ?
Les données de sécurité portent surtout sur des cures de deux à trois mois. Au-delà, on manque de recul : faites le point avec un professionnel de santé plutôt que de prolonger par habitude.
Sources principales
- Anses : avis relatif aux risques liés aux préparations de Withania somnifera dans les compléments alimentaires, 2024
- NCCIH : Ashwagandha, utilité et sécurité
- Björnsson et al. : atteintes du foie dues à l’ashwagandha, série de cas d’Islande et des États-Unis, 2020
- Van der Hooft et al. : thyréotoxicose après la prise d’ashwagandha, 2005
- Fødevarestyrelsen (Danemark) : l’ashwagandha dans les compléments alimentaires
- Langade et al. : essai randomisé sur l’ashwagandha dans l’insomnie et l’anxiété, 2019